58 % des recruteurs suspectent l’IA lors des entretiens
Publié le 8 novembre 2026
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Le candidat répond avec assurance, déroule un raisonnement impeccable et trouve immédiatement les bons mots. À l’autre bout de la visioconférence, le recruteur s’interroge sur l’origine des réponses. Une enquête britannique publiée le 2 novembre 2026 révèle que 58 % des managers chargés de recruter disent avoir remarqué ou soupçonné l’utilisation d’une IA par un candidat pendant un entretien en ligne. Menée auprès de 928 managers en emploi au Royaume-Uni entre le 14 et le 23 septembre, elle mesure des perceptions déclarées. Il souligne une inquiétude qui oblige les RH à repenser leurs méthodes d’évaluation.
L’IA dans le recrutement pose une question très concrète de confiance. Préparer un entretien avec un chatbot, améliorer la formulation de son CV et faire générer ses réponses en direct correspondent à des usages différents. Les confondre risque de pénaliser des candidats qui se sont simplement préparés sérieusement. Dans l’enquête, 98 % des managers recruteurs expriment au moins une réaction négative face au recours à l’IA pendant l’entretien. Pour éviter que la suspicion devienne un critère de sélection implicite, une piste consiste à annoncer les règles avant l’échange. Quels outils sont autorisés ? Pendant quelles étapes ? Comment seront évaluées les compétences ? Les éventuels aménagements doivent également trouver leur place dans ce cadre.
Le contenu de l’entretien mérite lui aussi d’évoluer. Une réponse générale sur la gestion des conflits renseigne peu sur la capacité à agir dans une situation réelle. Demander au candidat de raconter un désaccord précis, d’expliquer son intervention puis de revenir sur ce qu’il changerait permet d’approfondir l’évaluation. On peut compléter cet échange par une courte mise en situation liée au poste, avec les mêmes consignes pour tous. Pour un chargé de communication, par exemple, proposer un message client à retravailler puis demander de justifier les modifications. Une grille commune, construite à partir des compétences attendues, aide à comparer les candidatures sur des éléments observables. L’aisance verbale devient ainsi un élément parmi d’autres.
Les recruteurs peuvent utiliser un chatbot pour préparer ces questions ou tester la clarté d’un exercice, en faisant relire et ajuster ses propositions par un professionnel RH. Cette aide demande aussi de la transparence du côté de l’employeur sur ses propres usages de l’IA. Demander aux candidats d’expliquer leurs pratiques suppose d’être capable de présenter les siennes. La formation RH et IA de Tous les Jeudis permet de travailler la préparation des entretiens et les grilles d’évaluation, avec du recul sur les biais. Pour suivre les évolutions du recrutement et découvrir des usages de l’IA adaptés à votre métier, poursuivez votre veille avec Belijia.
Grégory JEANDOT
Consultant sr et Formateur IA
Avec un langage simple (et non simpliste), Grégory décrypte l’univers de l’IA générative. Pas de sémantique complexe ou d’approche trop verbeuse : l’objectif est de faire monter tout le monde en compétence !