Depuis le 1er juillet, Copilot s’installe par défaut dans les entreprises
Publié le 15 juillet 2026
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Le changement était passé presque inaperçu, noyé dans les habituelles annonces tarifaires de rentrée fiscale. Depuis le 1er juillet 2026, Microsoft intègre Copilot par défaut dans ses offres Microsoft 365 Business Standard et Business Premium, jusqu’ici vendues sans l’assistant IA en option payante à part. La licence Copilot Business autonome, elle, voit son prix augmenter. Les clients existants basculeront vers cette nouvelle configuration à leur prochain renouvellement, avec un préavis d’au moins trente jours dans leur espace d’administration.
Une semaine plus tard, une seconde annonce est venue confirmer que Microsoft ne compte pas s’arrêter là. Le 9 juillet, OpenAI a précisé que GPT-5.6, son dernier modèle, deviendrait le « modèle privilégié » de Microsoft 365 Copilot, quelques jours après que Bloomberg eut révélé que Microsoft remplaçait progressivement certaines briques d’OpenAI par ses propres modèles internes, baptisés MAI, pour réduire ses coûts. Les deux entreprises, dont le partenariat alimente les spéculations depuis des mois, ont ainsi tenu à rappeler que leur collaboration se poursuit, au moins sur le papier. Dans les faits, Copilot s’appuie déjà sur plusieurs modèles selon les tâches, et depuis la mi-juin, les utilisateurs peuvent même sélectionner Claude d’Anthropic dans Copilot Chat pour l’analyse de documents longs ou la génération de contenus structurés. L’outil, autrefois pensé comme une interface unique adossée à un seul fournisseur, devient un point d’entrée vers plusieurs intelligences artificielles.
Ce basculement vers la généralisation pose une question simple, presque naïve, mais que trop d’entreprises éludent encore : qui, dans les équipes, sait réellement se servir de cet outil au-delà de la fonction « résumer ce document » ? L’adoption personnelle est là. Mais un usage personnel de ChatGPT sur son téléphone n’a que peu à voir avec la capacité à orchestrer Copilot dans Excel pour croiser des données, dans PowerPoint pour restructurer une présentation à partir de notes en vrac, ou dans Outlook pour trier une boîte mail surchargée. La différence se joue dans la maîtrise du prompt, dans la compréhension de ce que l’outil peut réellement faire à l’intérieur de chaque application, et dans la capacité à repérer une réponse approximative avant qu’elle ne parte en pièce jointe à un client.
Microsoft en a d’ailleurs conscience. Les dernières notes de version de Copilot, publiées fin juin, ajoutent des filigranes automatiques sur les contenus vidéo et audio générés ou modifiés par l’IA, une manière de rendre visible ce qui, jusqu’ici, restait invisible pour l’utilisateur final comme pour ses interlocuteurs. Un signal supplémentaire que l’outil gagne en puissance à mesure qu’il se banalise, et que les questions de fiabilité, de biais ou de protection des données ne peuvent plus être traitées comme un simple post-scriptum.
Un contrat Microsoft 365 qui inclut désormais Copilot ne transforme pas automatiquement une équipe en utilisateurs avertis. Savoir formuler une demande précise, distinguer un brainstorming exploitable d’une liste d’idées génériques, ou transformer une note manuscrite en message structuré sans perdre le ton voulu, cela s’apprend. C’est tout l’objet du programme Microsoft Copilot : votre assistant IA pour booster votre productivité, qui prend l’outil application par application (Excel, Word, PowerPoint, Outlook) et travaille autant la prise en main technique que les bons réflexes de prompt et les questions de sécurité des données qui vont avec.
Reste une dernière observation, moins commerciale mais tout aussi concrète. En intégrant Copilot par défaut dans ses abonnements standards, Microsoft transfère de fait la responsabilité de l’usage vers les entreprises elles-mêmes. Ce n’est plus un choix d’achat qu’on peut différer indéfiniment, c’est un outil qui arrive, que l’organisation l’ait anticipé ou non.
Grégory JEANDOT
Consultant sr et Formateur IA
Avec un langage simple (et non simpliste), Grégory décrypte l’univers de l’IA générative. Pas de sémantique complexe ou d’approche trop verbeuse : l’objectif est de faire monter tout le monde en compétence !