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A quelques jours de l’échéance du 2 août, la formation professionnelle face à ses retards

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Il reste un peu plus de deux semaines. Le 2 août 2026, l’AI Act européen change de statut. L’obligation de « littératie IA » existe depuis février 2025, mais elle restait largement théorique, faute de pouvoir de sanction. À partir de cette date, les autorités nationales (la CNIL, la DGCCRF et l’Arcom en France) pourront contrôler et sanctionner les entreprises qui n’ont pas formé leurs équipes à l’usage de l’IA. Le calendrier officiel de la Commission européenne le confirme sans ambiguïté : le 2 août marque l’entrée en application de la majorité des règles du texte, y compris les obligations de transparence de l’article 50.

Le principe posé par l’article 4 du règlement est simple sur le papier. Toute organisation qui déploie un système d’IA doit garantir à son personnel un niveau suffisant de compétences pour l’utiliser correctement. Aucun seuil d’effectif, aucune dérogation pour les petites structures. Une entreprise de cinq salariés qui rédige ses devis avec un assistant conversationnel est concernée au même titre qu’un grand groupe. Le texte ne fixe pas de programme type, il pose une exigence de proportionnalité : sensibilisation pour un usage occasionnel, formation outillée pour un usage métier régulier, parcours plus poussé pour les profils exposés à des risques élevés.

Ce virage réglementaire arrive alors que les usages, eux, n’ont pas attendu la loi. Le Baromètre du numérique 2026, réalisé par le Crédoc pour l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’Agence nationale de la cohésion des territoires, situe l’adoption de l’IA générative à 48% des Français, soit une progression de 15 points en un an. Un niveau atteint en trois ans, quand le smartphone en avait mis sept. Chez les cadres, l’usage grimpe à 76-78%. Autrement dit, les salariés se sont approprié ces outils bien avant que leurs employeurs ne structurent un cadre de formation autour.

C’est précisément ce décalage que pointe la Direction générale du Trésor dans une note publiée fin juin. Le rapport souligne qu’un accompagnement par les politiques publiques, notamment en matière de formation, est nécessaire pour soutenir la reconversion des travailleurs exposés et favoriser la diffusion de l’IA dans l’économie. L’effet net de l’IA sur l’emploi reste incertain selon les auteurs, mais l’un des leviers d’action identifiés est constant : la montée en compétences, et vite.

Pour les organismes de formation, cette échéance a une résonance particulière. Ils ne sont pas seulement concernés comme employeurs, au même titre que n’importe quelle entreprise utilisant des outils d’IA en interne. Ils sont aussi ceux qui doivent, dans les mois qui viennent, absorber une demande croissante de la part d’entreprises cherchant à documenter leur conformité. Concevoir des modules de sensibilisation, adapter des parcours selon les métiers, produire des supports pédagogiques capables d’illustrer concrètement les risques de biais ou d’erreurs de l’IA : tout cela suppose que les formateurs eux-mêmes maîtrisent ces outils, pas seulement en tant qu’utilisateurs occasionnels, mais comme concepteurs de contenus.

C’est là que se joue une bonne partie du sujet. Un formateur qui sait générer un plan de module en quelques minutes, décliner un même contenu selon plusieurs niveaux d’apprenants, ou transformer une slide statique en support interactif, gagne un temps considérable sur la phase de conception, celle qui, historiquement, mobilise le plus d’heures. Mais la contrepartie est réelle : un contenu généré sans relecture critique, sans contextualisation au métier des apprenants, perd justement ce qui fait la valeur d’une formation bien conçue. La question du droit d’auteur sur les contenus produits par IA n’est pas non plus totalement stabilisée, ce qui impose une vigilance particulière lorsque ces supports sont destinés à des clients.

C’est tout l’enjeu du programme Boostez vos actions de formation grâce à l’IA générative, qui s’adresse justement aux formateurs souhaitant structurer un usage professionnel de ces outils (de la conception pédagogique à la création d’un assistant IA sur mesure pour leur pratique) sans perdre de vue les questions éthiques, juridiques et de protection des données qui accompagnent nécessairement ce virage.

À 18 jours de l’échéance, la question n’est plus de savoir si l’IA générative va s’installer dans les pratiques de formation. Elle y est déjà. Ce qui reste à construire, c’est la capacité des formateurs à l’utiliser sans en subir les approximations et à transmettre cette même vigilance à celles et ceux qu’ils forment.

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